16 février 2008

Dardenne: de Houyet à New York via le Sénégal

Gatien Dardenne, ce Houyetois parti installer une forge au Sénégal prépare une expo à New York avec Bohringer. Avant-première à Lavaux-Ste-Anne.

Quand on se trouve face à une des sculptures en fer d'1,9 m, de Gatien Dardenne, le fils du peintre Milo Dardenne, on dirait qu'elle va se mettre à bouger. Bouger pour jouer un morceau de contrebasse. Le sculpteur a un faible pour les musiciens de jazz. C'est devenu son dada, après avoir sculpté des... chevaux ardennais grandeur nature et en plein effort. Il a récemment fait un attelage complet pour la commune de Tintigny.

Gatien Dardenne a façonné aussi des sangliers pour un rond-point à Tellin, ou un cheval de trait à Marche ou encore ce cheval tout en puissance pour l'école de maréchalerie de Libramont.

Ici, il s'est déguisé en musicien de la Nouvelle Orléans et a empoigné une contrebasse, «un instrument aux formes féminines plein de charme, dit son père, il s'est mis dans la peau du musicien pour mieux en saisir les mouvements».

Le trentenaire a un caractère en acier trempé. Après un accident qui l'a détourné de sa formation à l'école hôtelière de Libramont, il a appris le métier dans une école de maréchalerie. Héritier du savoir-faire de son père la pomme ne tombe pas loin de l'arbre -, il a acheté un camion, y a installé une forge et s'est implanté à Saint-Louis, au Sénégal. C'est là qu'il sculpte le fer. Il a créé une école où des jeunes du coin viennent apprendre le métier. L'artiste a rencontré Richard Bohringer qui vit là-bas et il a eu l'idée de sculpter n'ont pas un, mais plusieurs musiciens pour arriver à un orchestre complet : pianiste, saxophoniste, etc. Bohringer écrira les textes et ces oeuvres prendront le chemin de New York en 2010.

Et ce n'est pas tout. Dardenne fils s'est lancé aussi dans le mobilier. Il sculpte des tables et des chaises de jardin très design et métallisées pour être plus résistantes aux intempéries. Pour protéger ses oeuvres et notamment ses sculptures, dont il fait l'ossature en fer à béton, il les passe au feu. Puis, les fers sont tirés toute la journée sur la plage par un cheval. Le métal qui obtient alors une couleur et une texture hors du commun est soudé à la baguette, la tôle coupée au burin et mise au feu.

C'est Milo qui s'occupe de vendre ce mobilier à partir d'Houyet où tout est acheminé par bateau. On peut aussi se rendre compte de la finesse de ce forgeron du monde au restaurant Lemonnier à Lavaux-Ste-Anne (Rochefort) où l'artiste expose deux musiciens de jazz parmi les peintures de son père.

Lemonnier 084 38 88 83; chez Milo Dardenne 082 666 515 et

www.gatiendardenne.com

Philippe CARROZZA