07 avril 2008

Gatien Dardenne : un Bangotin à New York en 2010 !

 
Gatien Dardenne
Photo : DR

D’Houyet à Bango. Des sombres forêts ardennaises, vertes et grises, de sa Belgique natale aux brousses épineuses, rouges et bleues, du solaire Sénégal d’adoption, le maréchal-ferrant Gatien Dardenne est devenu ferronnier puis, chemin faisant, en « forgeron voyageur »* via le Maroc et en autodidacte revendiqué, sculpteur sur métal. Une sculpture à la technique difficile, entre « patience » et, dit-il, un zeste de « folie ». Un alliage du froid et du chaud, de bruits et de silences, de sables et d’eaux, de beuveries grégaires et de retraites solitaires, bon gré, souvent, mal gré, parfois – la maladie, cette métastase qui le chiffonne régulièrement et avec laquelle il croise le fer crânement comme les siens, avec le maître, Belel, Jamel, Ibrahima et Lamine froissent l’acier dans son atelier « Bango Brousse » : la fraîche quiétude de son repaire des berges du Lampsar, sous les grands eucalyptus et les vieux filaos à la garde vociférante des aigles pêcheurs, au dessus des massettes, dans les alizés porteurs des canards et des engoulevents crépusculaires, parmi les varans et ses chiens d’un fameux ponton cinématographique … La chaleur du sable et du soleil sahéliens, des éclairs de chalumeau, des frappes violentes du marteau sur l’enclume, des muscles et des sueurs à l’ouvrage au fond du bazar de fers qui enfièvrent depuis quelques années les anciens poulaillers de René Bancal, le bienveillant hôtelier du Ranch de Bango voisin. L’exhibition corporelle au port vertical et fier comme un lama, tout bronzage aux vents et le tatouage à l’épaulette pour les regards chavirés de midinettes en faiblesses tropicalisées ; sans aucun doute, c’est là pourtant l’élégance des niquent-la-mort, qui s’en foutent la pudibonderie et préservent leur pudique jardin secret par la tchatche, armure pas de fer mais justaucorps défensif si fréquent chez les (anciens) timides… Malgré les faux-semblants, Gatien ne fait pas semblant ; il lui arrive de boire, et alors ? Même le Pichet de presque piquette devient au bord du Lampsar le vin euphorisant d’Abû Nûwâs – Le vin, le vent, la vie* ! Et « l’alcool ingurgité » crée les « pouvoirs ‘métamorphosiques ‘» : du travail, beaucoup de travail, trois à quatre mois de fièvres pour chaque sculpture – l’Afrique n’est pas toujours ce sable mouvant où les toubabs d’aventures se perdent et font vite les personnages de cire en plein soleil ! Les personnages de Gatien, eux, sont de fer et d’acier, massives sculptures immenses comme ses chiens et les hippopotames de son fleuve*, sortis de ses rêves bucoliques –ou bukowskiens…- : ses sangliers ardennais pourraient être les phacochères du Djeuss, sa girafe enluminée du Ranch ressemble à s’y méprendre aux démesures de Royal de Luxe et aux Géants du Nord – des réminiscences du Reuze flamand ou du Gayant picard ?-; ses chevaux de trait ou de débardage (à Namur et au Luxembourg), à des pachydermes de la savane…

Tatoo
Photo : Eddy Graëff

C’est pourtant « le petit détail (qui) fait la sculpture, enrobe la tôle froide de cette chaleur érotique émanant de la musique », écrit-il en mars 2008 sur son site web*, à l’occasion de l’annonce de son nouveau défi, une exposition de musiciens sculptés à New York, en 2010/2011. Le guitariste amateur ne fait pas la pose : saxophoniste, trompettiste, sans doute même un pianiste et, inch’Allah un balafoniste seront les stars métalliques d’un projet en cours et en complicité avec l’ami Richard Bohringer : le « Metal Jazz in the street ». Le comédien-cinéaste-chanteur-romancier etc. de France, envoûté du Burkina et du Sénégal, Saint-louisien du feu charnel et Bangotin du baume cathartique, prêtera sa plume pour badigeonner d’infinies bâches de sa verve poétique. Un tel duo a toutes les chances de nous faire un ‘bœuf’ inoubliable !

* Forgeron voyageur, un court-métrage de Loïc Wibaux, 2002
* Cf. aussi « Les hippos de Bango : mythe ou réalité ? », par Fretback, 26 mars 2008.
* Abû Nûwâs, vers 747 à 762 – 815 ; ed. Sindbad, Arles 1998.

*http;//www.gatiendardenne.com

Fretback / www.lesaintlouisien.com

Portrait : Gatien Dardenne, le forgeron belge de Bango

Gatien Dardenne Photo : Eddy Graëff

Lesaintlouisien.com : Gatien, depuis quand es-tu installé à Saint-Louis-du-Sénégal ?

Je vis à Saint-Louis depuis 2000. J’ai monté l’atelier le 20 juin 2000, cela fait donc huit ans. Au départ, il s’agissait d’un projet qui s’appelait « Forgerons du monde », un projet national Belge qui a eu un beau succès. Un projet étalé sur 10 ans : 3 ans en Afrique de l’Ouest, 3 ans en Afrique de l’Est et 3 ans en Afrique du Sud avec, à chaque fois, après chaque trois années, une exposition proposée en Europe sur le métissage culturel à travers les sculptures. Le projet s’est réalisé, mais d’une autre façon car quand on vient en Afrique on sait que les lendemains sont très incertains et les projets changent au fur et à mesure des jours… Ce qui est resté, c’est qu’après trois ans on a effectivement fait une exposition en Europe, précisément en Belgique qui a super bien marché. Ensuite, j’étais censé reprendre mon camion forge et remonter un autre atelier, ailleurs ; je n’en ai pas eu le courage ni la force car monter un centre de formation c’est un vrai boulot, qui prend énormément d’énergie ; et puis, j’avais envie de rester à Bango, je trouvais que les gars y bossaient bien, je suis donc resté et je n’en suis pas mécontent ; même si je passe maintenant moins de temps au Sénégal, je suis obligé de faire moitié-moitié…

Lesaintlouisien.com : C’était un projet personnel ?

Oui, j’en étais le fondateur et je l’ai fait sur mes fonds propres. J’ai été aidé par des sociétés qui m’ont financé en matériel : un camion, un ordinateur… Par contre je ne voulais aucun lien financier car je voulais rester tout à fait libre, je ne voulais pas avoir de comptes à rendre. J’ai donc essayé de me débrouiller seul, et ça s’est plutôt bien passé !

Lesaintlouisien.com : Pourquoi avoir choisi Saint-Louis-du-Sénégal, et singulièrement Bango ?

J’ai pas mal voyagé en Afrique, depuis 1993, en Afrique australe et orientale, en faisant différents jobs, surtout en tant que guide safari. Ce qui m’a permis de découvrir le continent africain et d’en tomber amoureux. Après ces expériences, j’avais envie d’y revenir mais d’une manière différente, en apportant et en recevant quelque chose, en y développant un travail sur le métissage.
Je devais à l’origine donner des cours à Louga [Sénégal] pour la coopération belge mais j’ai refusé parce que je n’aimais pas l’endroit. « Forgerons du monde » a finalement posé ses valises à peine plus au nord, à Saint-Louis, Bango en effet. J’avais rencontré René Bancal* qui m’a très bien accueilli, ici sur les berges du Lampsar, puis Jean Jacques* son frère, un grand merci à eux deux. Mais c’est Jean Pierre Chapeau qui, le premier m’a donné un boulot. Il m’a proposé de monter ma forge à coté de la SOCAS*. Je l’ai fait, et je suis resté presque deux ans à bosser le long d’une piste. Invité, sans rien payer, ni loyer ni électricité, rien ! En échange, je formais des gars : notre premier boulot, là, c’était de fabriquer des lames de girobroyeur. Un truc que je n’avais jamais fait, mais j’ai essayé. Pour la petite histoire, quand je suis arrivé les Africains m’ont regardé et me disaient : « Mais boy, qu’est-ce que tu fous ici, tu vas rien nous apprendre, c’est nous les forgerons !! », alors j’ai eu un peu de mal ; et puis j’ai eu cette première commande de girobroyeur : j’ai fait ça à partir de lames de ressort de camion en inventant une nouvelle technique de trempage au sable, ça a merveilleusement bien fonctionné, et en plus en formant un gars de la SOCAS !.... Finalement, les comparaisons ont fait le reste : les lames usinées que la SOCAS achetait en France faisaient 50 hectares ; nos lames locales faisaient 150 hectares ! Trois fois plus !! Du coup les gars qui rigolaient un peu au début ont compris que je n’étais tout de même pas si nul... A partir de ce moment, la confiance – et le respect - m’ont fait accepté dans leur ‘caste’. Mais former des gens durant trois mois et partir ensuite, c’était horrible parce que c’était dire à des gosses de la brousse qui sont dans un tunnel : « Regardez, tout au bout du tunnel y’a une voie possible mais il faut traverser tout ce tunnel, apprendre plein de choses et puis après, alors vous allez prendre le train, je vais vous lâcher !... » Car si on ne fait que trois mois, les gosses n’ont rien appris en trois mois ! Et c’est encore plus dégueulasse parce que là c’est le ‘Blanc colon’ qui vient et qui part, et qui finalement n’a rien laissé à part un rêve, fugace, et une déception, énorme…Ca n’est pas pour rien si en Europe - et dans le monde entier-, quelque soit les formations techniques, c’est trois ans minimum d’apprentissage. Finalement, à Bango, cela fait (déjà) sept ans… Une fois l’atelier créé je ne pouvais plus partir, j’étais soudé à mes ‘apprentis’ et puis je n’avais plus la force de (les) quitter. C’est vraiment fatigant ; ce sont comme mes gosses, même s’ils sont trop âgés… Dans l’atelier de Bango j’ai tout de même formé une trentaine de personnes. Aujourd’hui on continue de faire de la formation car on apprend toujours, y compris moi-même puisque je suis autodidacte ; c’est en forgeant qu’on devient forgeron…

Gatien Dardenne et le saxophoniste Photo : Eddy Graëff

Lesaintlouisien.com : Et par rapport à la ‘caste’ des forgerons ?

Il n’y a pas vraiment de caste de forgerons, par ici. Au Mali, au Burkina Faso c’est vraiment quelque chose de très important. Ici il n’y a pas vraiment de forgerons, ou très peu, ce sont plutôt des soudeurs métalliques. Mais il y a un respect de la population par rapport au boulot que je fais parce que pour elle je suis un ouvrier en train de taper sur de la ferraille toute la journée ; c’est un boulot qui a de l’avenir ici, je ne dis pas la sculpture mais au moins la ferronnerie d’art. On n’est pas une ONG qui vient pendant trois ans et qui se casse, qui vient juste pomper du fric et qui ne va rien laisser derrière. Par rapport à la caste des forgerons j’aimerais penser que j’en fais partie, désormais.

Lesaintlouisien.com : Gatien, peux-tu nous dire quelque chose sur les secrets qui entourent une exposition que tu prépares pour New York, depuis un an dans ton atelier de Bango ?

C’est un rêve… Les artistes ont tous un rêve caché, quelque part, mais le plus dur est de le réaliser car il y a toujours un problème économique, malheureusement. Ce rêve était un peu de coté, ce n’était pas nécessairement monter l’exposition actuelle mais réaliser une expo faite des choses qui sortaient du fond des rêves. Petit a petit nous nous sommes dirigés vers une exposition sur la musique qui s’appelle « metal jazz in the street » [jazz métal dans la rue, ndlr], que je propose pour fin 2010 début 2011, à New York [Etats-Unis d’Amérique]. J’ai une petite idée sur les lieux qui pourraient l’accueillir mais je ne peux encore rien vous dire. Nous avons beaucoup de chance car nous travaillons pour l’Etat belge, ce qui nous permet de monter notre exposition à notre rythme, tout doucement car il faut compter trois mois pour réaliser une sculpture. Nous avons commencé il y a un an et nous en avons pour au moins trois ans encore.

Travail d'équipe Photo : G. Dardenne

Lesaintlouisien.com : Ce « nous » collectif implique ton équipe et peut-être un certain nombre de personnes autour du projet ; peux-tu nous en dire plus ?

Nous sommes une équipe très soudée, presque familiale, tout le monde se connaît parfaitement. A l’atelier nous sommes actuellement quatre. C’est toujours un centre de formation, qui continue depuis 2000 mais on ne prend plus personne, seules les ‘élites’ y sont restées. Le tout premier, c’était Jamel, qui est arrivé ici à l’âge de 11 ans - il en a 18 maintenant. L’équipe actuelle, c’est Jamel, Ibrahima, Lamine, et Belel. Disons que les sculptures, elles, sont quelque chose de tout a fait personnel. On ne peut pas partager la conception d’une sculpture. Par contre ce sont des gars qui participent à la fabrication, ce qui est très différent ; surtout Belel, qui est mon bras droit. C’est la première fois que je me lance dans le figuratif : faire un vrai visage ! Logiquement, je travaille sur mon vrai visage pour établir les dimensions alors que là j’essaye de modeler quelque chose d’un peu métissé en copiant un vrai visage. C’était très difficile mais nous y sommes arrivés, le ‘challenge’ est relevé. Pour ce projet « metal jazz in the street » il y a une autre personne qui s’est joint a nous, un écrivain français, par ailleurs comédien, cinéaste et chanteur, qui va rédiger les textes sur les sculptures, il s’agit de Richard Bohringer.

Lesaintlouisien.com : Richard Bohringer fait partie du projet ?!

Il n’y a pas vraiment de but, ni pour moi ni pour lui. Nous nous sommes retrouvés sur ce projet car nous sommes amis, tout simplement, d’une très grande amitié. Nous nous sommes rencontrés ici à Saint-Louis-du-Sénégal, on s’est revus à Paris, chez lui, nous avons discuté… J’aime sa façon d’écrire. Richard arrive à mettre les mots justes, parfois très durs car c’est un personnage dur avec plein de douceur dans les yeux. Mes sculptures ne sont pas dures, elles sont très douces. Pourtant je trouvais que c’était la personne appropriée, écrivain et musicien en même temps ; et étant donné que nous avons un lien assez particulier cela nous permet de nous expatrier tous les deux dans des dimensions irréelles. Il n’y a donc pas un but en particulier, c’est en discutant ensemble qu’on s’est dit « tiens, on pourrait faire un truc ensemble… » Richard est tombé royalement amoureux de mes sculptures et moi… de sa fille [rires, ndlr]). Il va donc écrire sur les sculptures mais aussi sur tout ce qu’il y a autour de ces sculptures, pour et sur Saint-Louis, pourquoi pas pour et sur Bango… Tous ces morceaux de métal entremêlés, ça va lui donner une palette indéfinie de couleurs dans et pour lesquelles il va pouvoir s’exprimer et ne pas justement se restreindre à la sculpture. On ne recherche pas un article de critique d’art. Et on va ramener des musiciens ! Nous avons chacun une base, chacun un morceau de tôle, qu’on doit marteler, souder, meuler… A notre manière : lui ce sont des mots, et moi c’est de la ferraille, le résultat est le même.

Richard Bohringer et moi, c’est déjà une vieille histoire ; nous nous sommes rencontrés la première fois à Saint-Louis, au Marco Jazz ; j’étais bien bourré, lui aussi, c’était lorsqu’il buvait encore…. On s’est retrouvés après, on a tissé un petit lien, puis un plus grand… Et il est venu ici, sur les rives du Lampsar, il a vu les sculptures, puis j’ai été chez lui à Paris. Il a notamment réalisé un film* ici dans lequel il m’avait confié un grand rôle mais que je n’ai pas pu jouer à cause de ma maladie, survenue la première semaine du tournage. D’ailleurs, il va bientôt arriver, d’ici quelques semaines.

Grandeur nature Photo : G. Dardenne

Lesaintlouisien.com : Au delà de ton projet new yorkais, quelles sont les autres destinations de tes sculptures ?

Les deux premières sculptures - deux contrebassistes, se trouvent en Belgique où elles tournent un petit peu. Elles sont simplement dans un très bon restaurant avec une décoration assez surprenante, mais à partir du mois de mai elles vont participer au Festival de jazz de Bruxelles, sur la scène même, elles vont donc faire leur première tournée en compagnie du saxophoniste en finition. En août, elles partent près du Luxembourg pour le Festival international de jazz de Belgique qui regroupe tout de même cinq à six mille spectateurs. De nouveau elles vont ‘jouer’ avec de grands musiciens de jazz, sur scène. En septembre octobre, elles partent à Monaco pour trois mois, elles vont chercher un peu de soleil avant de rentrer en Belgique où un autre musicien va encore les rejoindre. Elles vont continuer comme ça, jusqu'à l’exposition finale de New York. C’est important pour moi qu’elles bougent.

Lesaintlouisien.com : Est ce bien rentable de les faire voyager jusqu’en Europe ?

Ce n’est pas important, le plus rentable c’est tout ce que nous recevons en retour, c’est d’abord ce que nous mêmes recevons en fabriquant l’œuvre ; nous ne sommes pas les machines d’une entreprise ! Nous avons la chance d’avoir un contrat avec l’Etat belge, d’être dans une lignée d’artistes reconnus. Ca peut paraître fou, mais c’est comme ça. Et ainsi je peux encore plus profiter d’elles, aller dans un endroit boire un verre et les contempler et me souvenir comment on les a faites, retrouver toutes ces odeurs africaines, tous ces petits souvenirs qui font qu’on a tout cela aujourd’hui.

Gatien Dardenne
Photo : DR

Lesaintlouisien.com : Tu utilises le continent africain, à travers Bango, comme territoire de création, mais tes créations partent, elles voyagent, comme tu dis ; n’y a-t-il pas de marché en Afrique ?

Ce n’est pas trop une question de marché ; c’est plus une question d’opportunité qu’on saisit. J’avais la chance d’avoir un tout petit nom en Belgique qui maintenant est devenu un peu plus grand ; donc c’est bien, il faut continuer à alimenter cela ; et puis, on apporte beaucoup de rêve en Belgique. Ici on vit nos rêves avec nos amis sénégalais, on les vit à fond ! On pourrait exposer ici, on a exposé à la Biennale de Dakar en 2002/2003 ; logiquement on devait encore exposer au mois de mai à l’édition 2008 ainsi qu’au Festival de jazz de Saint-Louis mais étant donné que mes sculptures seront au Festival international de jazz de Bruxelles (qui est un événement non pas plus important mais un événement beaucoup plus médiatisé, et pour nous c’est important, c’est ce qui peut faire vivre notre atelier !), cela ne sera pas possible. Un atelier, ce ne sont pas seulement quatre personnes mais quatre familles derrière, plus moi - et mes chiens !-, donc cinq familles ! Les gars vont venir en Europe, en tout cas Belel va venir cette année. Et peut-être Lamine, si je le peux, mais en vacances simplement. Dans un futur proche, Belel viendra trois mois par an travailler avec moi, là-bas.

Lesaintlouisien.com : Toi qui habites une partie de leur marigot, le Lampsar*, à quand une sculpture sur les hippopotames ?

Parfois j’y pense… Peut-être que le jour où je partirai j’en ferai un(e) que je laisserai ici. Mais à l’heure actuelle j’ai trop de musiciens de jazz dans la tête… Mais un jour viendra.

Lesaintlouisien.com : D’autant qu’ils ne sont pas pour toi des légendes mais d’authentiques personnages de ton lieu d’habitation ?

Ouiiiii !... Ces hippos sont mes amis et les amis de mes chiens !...

 

* René et Jean-Jacques Bancal, respectivement propriétaires des hôtels ‘Ranch de Bango’, à Bango, et de ‘La Résidence’, à Saint-Louis.
* SOCAS, Société de Conserves Alimentaires du Sénégal.
* C’est beau, une ville, la nuit ; un film de Richard Bohringer adapté de son propre roman, avec Romane et Richard Bohringer, Robinson Stévenin, François Négret ; France, 2006.

Interview: Fretback et Eddy Graëff / www.lesaintlouisien.com
Photos : Gatien Dardenne / Eddy Graëff / www.lesaintlouisien.com